L’édito de Benjamin Ramaget

Written by on 25 avril 2019

St Jame’s Park, théâtre de mes rêves

Le Stade Rochelais est en finale de la Challenge Cup et va défier Clermont le 10 mai prochain à Newcastle pour écrire la plus belle page de son histoire. Les supporters auraient sans doute préféré une autre destination que le nord de l’Angleterre et je les comprends au vu du coût représenté par ce déplacement dans le comté de Tyne and Wear. Me concernant, je vais faire preuve d’égoïsme et je m’en excuse profondément mais comme diraient les soeurs Pointer : « I’m so excited ». St James’ Park est une cathédrale dans laquelle j’ai toujours voulu entrer et ce rêve va enfin devenir réalité.

Fan de foot né dans les années 80, je fais partie de toute une génération qui a grandi devant « L’Equipe du dimanche ». Une sorte de messe obligatoire pour ceux qui comme moi ont érigé le sport et plus particulièrement le football au rang de religion. Au début des années 90, internet n’existait pas et les émissions de télévision consacrées au sport se comptaient sur les doigts d’une main. Il fallait donc parfois ruser ou braver les interdictions pour veiller tard le soir et regarder Pierre Sled annoncer les résultats européens. Puis vient le temps du regretté Thierry Gilardi, l’homme qui a inspiré la plupart des journalistes sportifs du PAF actuel. Une voix qui nous a fait rêver quand la lumière est venue de Laurent Blanc ou la délivrance d’un coup de casque d’Antoine Kombouaré. Son célèbre « pas toi Zizou, pas maintenant, pas après tout ce que tu as fait » quand le crâne chauve du numéro 10 est venu s’écraser sur le torse de Marco Materazzi résonne encore dans nos têtes. Thierry Gilardi prend les commandes de l’« EDD » en 1995 et c’est à ce moment-là que ma génération découvre St James’ Park. Nous n’avons alors qu’un seul chant en tête : « say oh ah Cantona, say oh ah Cantona ». Le « King » est au sommet de son art avec Manchester United et gagne même le « Onze d’or » en 1996. Tout le monde veut ressembler au « Red Devil » et nombreux sont les garçons comme moi à relever le col de leur chemise ou de leur maillot pour ressembler au « King ».

Puis “Gino” rejoint “Canto”

David Ginola lassé d’être toujours pointé du doigt après l’élimination de l’équipe de France en 1993 face à la Bulgarie, quitte le Paris SG direction Newcastle. « El Magnifico » est recruté en août 1995 par le légendaire Kevin Keegan et réussit des débuts fracassants en étant élu joueur du mois dès son arrivée. Les « Magpies » réalisent une saison exceptionnelle sous l’impulsion du « frenchie » et se font coiffer au poteau pour le titre de champion d’Angleterre par le Manchester United de Cantona. Chaque dimanche, j’attends avec impatience de voir ce stade mythique de St Jame’s Park s’enflammer sur les exploits de David GInola et de son compère colombien Faustino Asprilla. Un an plus tard, c’est Alan Shearer qui débarque à Newcastle et qui marquera tout une génération avec son doigt levé vers le ciel de St Jame’s Park après chaque but marqué. Les « Magpies » reviennent alors régulièrement au menu de « L’ Equipe du dimanche » que ce soit pour les frappes du gauche de Laurent Robert, les têtes piquées d’Antoine Sibierski, les centres d’ Olivier Bernard et bien plus tard les exploits de Loïc Rémy, Moussa Sissoko ou encore Yohan Cabaye. L’histoire d’amour entre St Jame’s Park et la France dure depuis maintenant un certain temps et le mariage est célébré le dimanche 24 février 2013. Newcastle compte alors dans ses rangs onze joueurs tricolores (Yanga-Mbiwa, Haïdara, Debuchy, Cabaye, Sissoko, Ben Arfa, Amalfitano, Marveaux, Obertan, Rémy et Gouffran) et un « french day » est organisé. St Jame’s Park, recouvert d’un tifo géant aux couleurs bleu-blanc-rouge chante à l’unisson « La Marseillaise » avec des supporters vêtus d’un béret, d’une marinière ou encore d’une baguette à la main.

Le 10 mai prochain, je vais entrer dans ce temple du football bâti en 1880 et qui a survécu aux tempêtes, aux relégations, au temps qui passe et même aux frasques de Paul Gascoigne. En foulant la pelouse, le temps s’arrêtera et je redeviendrai ce gamin qui levait le doigt quand il marquait un but pour imiter Alan Shearer. En montant en tribune de presse, la voix de Thierry Gilardi résonnera forcément dans ma tête. Et au coup de sifflet de l’arbitre, une autre page de mon histoire s’écrira en espérant que l’encre soit jaune et noire…

BR


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