Nouvelle PAC : une écologie de façade ?

28 mai 2021 à 18h19

Ce vendredi 28 mai 2021, l'Union Européenne (UE) devait effectuer une refonte de la Politique Agricole Commune (PAC). Objectif pour les États membres : répondre aux défis du réchauffement climatique en s’alignant sur les accords de Paris. Une réforme de la PAC bien insuffisante pour les écologistes qui déplorent le manque d'ambition des États membres. 

Les ministres européens de l'Agriculture ont entamé mercredi une réunion de deux jours. 48 heures agitées qui ont dessiné les premières lignes de la refonte d'une agriculture responsable au niveau européen. 
Benoit Biteau député européen du groupe les Verts/ALE crie au « greenwashing ». Selon l’élu, « il y a un décalage entre les objectifs du mandat qui a débuté par le vote de l’état d’urgence climatique et la prise de conscience d’un nécessaire pacte vert ». Un objectif qui visait notamment la neutralité carbone en 2050. Protection de la biodiversité, de la ressource en eau, réduction des pesticides, diminution des engrais de synthèse, pour Benoit Biteau la nouvelle PAC est famélique. « C’est une coquille vide » s’agace-t-il. Il ajoute : « On pouvait espérer une PAC qui soit un outil pour répondre aux enjeux climatiques et de santé ».

Autre point de discorde : les écorégimes. Sorte de prime à l'écologie pour les agriculteurs, elle récompenserait ceux dont les pratiques sont les plus vertueuses. Une idée somme toute innovante pour laquelle les écologistes européens demandaient un financement à 30 % de paiements directs aux exploitants. Le Portugal (président actuel de l'UE) a proposé cette semaine de fixer ce taux à un niveau minimal de 23 %. La pilule passe mal chez les écolos. 

Mais Benoit Biteau accuse également les méthodes employées. Le Parlement européen a été mis à l’écart par le Conseil des ministres de l’UE. « Le conseil n’a clairement pas compris qu’il était co-législateur avec le Parlement européen. Il n’a pas non plus intégré qu’il ne devait pas imposer sa vision de la Politique Agricole Commune ». D’autre part, il déplore la présence exclusive du puissant lobby agricole « COPA COGECA » lors des négociations. Une image qui vaut mille mots pour le député. Il va même plus loin en pointant un mépris des membres et rapporteurs du Parlement Européen : « l’attitude du conseil sur la forme est clairement inacceptable. » 

Pour faire face aux défis climatiques et environnementaux, l'Union européenne est plus que jamais divisée. Prévue pour janvier 2023, cette réforme de la PAC n'a pas encore fini de faire parler d'elle. 

Vincent Larregain

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