Une révolution de palais au Stade Rochelais ?

08 mars 2021 à 14h06

Le changement, c'est maintenant !

Le 23 mars prochain, l’élection à la présidence de la LNR (Ligue Nationale de Rugby) sera suivie de près par les supporters du Stade Rochelais qui pourraient perdre leur Président emblématique, Vincent Merling. Candidat à la succession de Paul Goze tout comme Jean-René Bouscatel et Alain Tingaud, Vincent Merling pourrait en cas de victoire quitter son poste au sein d’un club qu’il dirige depuis 30 ans. Une révolution qui pourrait être accompagnée par un autre départ important, celui du manager Jono Gibbes. Dans un club aussi stable et calme que le Stade Rochelais, ces changements s’apparenteraient à une véritable révolution…

Jono Gibbes de retour à Clermont ?

azemagibbes.jpg (24 KB)

Il y a 15 jours, un véritable coup de tonnerre a secoué le microcosme clermontois avec l’officialisation du départ de Franck Azéma, l’entraîneur et directeur sportif, présent dans le Puy-de-Dôme depuis 11 ans. Depuis cette annonce, il ne se passe pas un jour sans qu’une rumeur ne sorte dans la presse : Pierre Mignoni, Mario Ledesma, Thomas Domingo ou encore Laurent Travers, tous ont vu leur nom associé au banc jaune et bleu pour la saison prochaine. Le soir-même de l’annonce du départ de Franck Azéma dans « Radio Rugby » nous avions sur le ton de la plaisanterie évoqué un retour de Jono Gibbes à Clermont. Une boutade qui pourrait devenir réalité...

En fin de contrat en 2022 avec le Stade Rochelais, le Néo-Zélandais a connu sa première expérience en France avec les « Jaunards » lorsqu’il a rejoint le staff d’un certain ... Franck Azéma de 2014 à 2017. Selon un agent influent du Top 14 interrogé par nos soins mais qui a préféré garder l’anonymat, « Le départ de Franck Azéma va forcément engendrer un jeu de chaises musicales au sein de notre championnat et le CV de Jono Gibbes est obligatoirement parmi ceux qui figurent en haut de la pile ». Pour rappel, la dernière saison clermontoise du natif d’Henderson s’est achevée par une finale perdue en coupe d’Europe et surtout un Bouclier de Brennus. De quoi laisser un très bon souvenir dans un club qui n'oublie jamais ses héros...

Un ticket Gibbes-Zirakashvili ?

jono3.png (64 KB)zirakshvili.png (190 KB)

Le Stade Rochelais pourrait perdre un autre élément clé de la réussite actuelle du club jaune et noir : Davit Zirakashvili. Arrivé cet été à La Rochelle en tant que consultant pour s’occuper de la mêlée, le Géorgien fait régulièrement la navette pour rejoindre la cité maritime (550 km). Et pour cause, « Zirak » habite toujours dans la région clermontoise pour pouvoir gérer ses sociétés (dans la sécurité, la télésurveillance et l’import-export de fruits secs). Un retour à Clermont faciliterait la vie de celui qui est devenu au fil de sa carrière l’une des légendes des « Jaunards ». Zirakashvili restera à jamais gravé dans le cœur des supporters du Stade Marcel Michelin après 16 années passées au club et un palmarès impressionnant : 2 Brennus et 2 Challenge Européen. Son expertise de la mêlée et son entente avec Jono Gibbes consitueraient un atout de poids pour l’ASM et une perte importante pour le Stade Rochelais qui a progressé de manière impressionnante dans ce secteur depuis son arrivée au club.

Les pleins pouvoirs pour Ronan O’Gara ?

 Capture d’écran 2021-03-08 à 11.27.19.png (257 KB)

Si jamais les rumeurs se confirmaient, Ronan O’Gara pourrait être le grand bénéficiaire de cette révolution de palais. Actuellement entraîneur du club maritime, la légende du XV du Trèfle (128 sélections avec l’Irlande) pourrait élargir ses fonctions et devenir le grand patron du Stade Rochelais.

Un œil de lynx pour recruter

Ronan O’Gara était réputé pour avoir les yeux partout et même dans le dos lorsqu’il était joueur du Munster (1997-2013). Cet œil, il l’a gardé dans son nouveau rôle d’entraîneur que ce soit pour corriger les défauts de ses joueurs ou pour apporter sa patte dans le recrutement. C’est lui qui a voulu et attiré Jules Plisson au Stade Rochelais alors que celui-ci était au placard au Stade Français : « Ronan, il m’a donné l’envie de venir ici. C’est lui qui m’a appelé tous les jours pour me convaincre de signer rapidement à La Rochelle » a déclaré l’ouvreur international français à nos confrères du Canal Rugby Club.  Autre recrue « made in O’Gara », Brice Dulin qui a côtoyé l’irlandais lors de son passage au Racing 92 : « Le fait qu’il soit à La Rochelle a pesé dans la balance au moment de faire mon choix. Avec Ronan, O'Gara, on s'aime autant que l'on se déteste ». Quand on voit la réussite actuelle de ces deux joueurs alors que beaucoup les avaient enterrés, on se dit qu’une nouvelle fois, l’ancien numéro 10 avait tout vu avant tout le monde. Mais le rôle de Ronan O’Gara à La Rochelle ne se réduit pas à relancer des joueurs sur le déclin.

Une rage de vaincre et des joueurs à l’écoute

Capture d’écran 2021-03-08 à 12.12.25.png (367 KB)

Ronan O’Gara, c’est un palmarès extraordinaire que ce soit en tant que joueur ou sur le banc. En 16 ans avec le Munster, il a tout gagné : 2 coupes d’Europe (2006 et 2008), 3 Celtic League (2003, 2009 et 2011) et une AIB League (1999). Avec le XV du Trèfle, Ronan O’Gara a cumulé 128 sélections et a décroché le Grand Chelem en 2009. À titre personnel, le palmarès est tout aussi éloquent avec le titre de meilleur joueur européen sur la période 1995-2010, le record de points inscrits en coupe d’Europe (1365) ou encore le record de matches joués en coupe d’Europe (110 matches). Un palmarès et des statistiques qui impressionnent les joueurs du Stade Rochelais à l’image de Kévin Gourdon interrogé par nos confrères de Canal + : « Il a fait une carrière incroyable. Plus de 100 sélections avec l’équipe d’Irlande, il a joué pour les Lions, il a un paquet de matches avec le Munster. Quand tu regardes sur le papier, c’est un truc de fou. » Forcément, lorsque Ronan O’Gara parle, les jeunes pousses rochelaises l’écoutent avec attention. Et quand l’ancien numéro 10 hausse le ton en début de saison pour dire qu’il n’est pas « venu à La Rochelle pour faire de la figuration mais pour gagner le Brennus », personne ne le contredit et les joueurs suent à grosses gouttes pour parvenir à ses fins. Car oui, Ronan O’Gara c’est avant toute chose une soif de vaincre à toute épreuve et un dégoût de la défaite depuis sa plus tendre enfance. « J’aimerais gagner partout dans le monde. Je ne dis pas ça parce que j’ai le melon mais ça m’excite. On est en train de créer quelque chose de spécial ici » déclarait Ronan O’Gara dans un reportage qui lui était consacré et intitulé « The Irishman ». Sur un plan personnel, la légende des verts se plaît beaucoup à La Rochelle. Installé en famille sur l'Île de Ré, il savoure la tranquillité offerte de l'autre côté du pont et le cadre de vie qui va avec. Son avenir en jaune et noir semble parti pour durer...

Si le départ de Jono Gibbes à Clermont est évidemment à prendre au conditionnel, une chose est sûre, Ronan O’Gara est prêt à partir au combat et ses joueurs iront à la guerre à ses côtés. 

Affaire à suivre…

Benjamin Ramaget

Commentaires(1)

Connectez-vous pour commenter cet article
cahues, il y a 1 mois
Et Patat ?