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Environnement13 oct. 2026•Rédaction

Journée nationale de la résilience : sur les îles de Ré et d’Oléron, l’érosion du littoral pose la question des moyens et de l’avenir

Journée nationale de la résilience : sur les îles de Ré et d’Oléron, l’érosion du littoral pose la question des moyens et de l’avenir

Ce mardi 13 octobre, la Journée nationale de la résilience rappelle l’importance de la prévention des risques naturels. Sur les îles de Ré et d’Oléron, exposées à l’érosion côtière et aux submersions marines, les enjeux sont considérables. Quinze ans après la tempête Xynthia, la protection des habitants, le financement des travaux et l’adaptation des territoires restent au cœur des préoccupations.

Comment protéger durablement les populations face à la mer qui gagne du terrain ? Sur les îles de Ré et d’Oléron, cette question dépasse désormais le seul cadre environnemental. Elle concerne aussi l’aménagement du territoire, l’avenir des habitations, les finances des collectivités et la responsabilité des pouvoirs publics.

La Journée nationale de la résilience, organisée chaque année autour du 13 octobre, vise à mieux informer les citoyens sur les risques auxquels ils sont exposés et sur les comportements à adopter en cas de catastrophe. En Charente-Maritime, cette sensibilisation prend une dimension particulière sur les territoires insulaires, directement confrontés aux aléas maritimes.

Après Xynthia, la question de la protection reste entière

La tempête Xynthia, survenue en février 2010, a profondément marqué la mémoire du littoral charentais. Depuis, la prévention des submersions marines s’est renforcée, notamment grâce aux ouvrages de protection et aux programmes d’action consacrés à la réduction des risques.

Mais la lutte contre les inondations ne règle pas toutes les difficultés. L’érosion côtière fragilise progressivement certaines plages, les dunes et les secteurs habités. Elle oblige les élus à anticiper des évolutions qui peuvent remettre en question la pérennité de certains aménagements.

Sur l’île de Ré, les plans de prévention des risques naturels prennent en compte les phénomènes de submersion et d’érosion littorale. Sur l’île d’Oléron, les collectivités doivent également composer avec des situations très différentes selon les secteurs : dunes sur la façade atlantique, zones rocheuses au nord et marais sur la côte orientale.

Sur l’île de Ré, les élus alertent sur le financement de l’érosion

À Loix, sur ICI, le maire Lionel Quillet met en avant une difficulté majeure : le manque de cadre financier pérenne pour accompagner les territoires confrontés au recul du trait de côte.

Selon l’élu, les communes et les propriétaires se retrouvent de plus en plus exposés aux conséquences financières de ce phénomène. Lorsqu’un bien devient menacé, les questions sont nombreuses : faut-il renforcer la protection du secteur, envisager une relocalisation ou accompagner le départ des occupants ? Et surtout, qui doit financer ces opérations ?

Le maire déplore un transfert croissant des responsabilités vers les collectivités locales. Il pointe également les difficultés auxquelles peuvent se heurter les propriétaires lorsque les risques deviennent connus et que les possibilités d’assurance se réduisent.

Derrière ces interrogations se dessine un enjeu de solidarité nationale. Les communes insulaires disposent de moyens limités face à des opérations qui peuvent nécessiter des investissements importants. Pour les élus, la nécessité d’une stratégie claire, accompagnée de financements adaptés, devient donc centrale.

À Oléron, protéger les dunes et préparer la prochaine étape

Sur l’île d’Oléron, la gestion du littoral constitue également un chantier de longue haleine. Le sud de l’île, notamment autour de Saint-Trojan-les-Bains et du pertuis de Maumusson, figure parmi les secteurs particulièrement concernés par les dynamiques d’érosion.

La Communauté de communes travaille depuis plusieurs années à une stratégie locale de gestion de la bande côtière, destinée à coordonner la lutte contre l’érosion et la prévention des submersions marines. Cette démarche doit permettre de déterminer les solutions les plus adaptées selon les secteurs : entretien des dunes, gestion des sédiments, aménagements de protection ou adaptation de certains espaces.

Les travaux réalisés à La Rémigeasse, à Dolus-d’Oléron, illustrent cette volonté d’agir sur le terrain. L’aménagement de protection côtière, inauguré le 1er juillet 2026, a notamment permis de reprendre les enrochements et de repositionner un épi afin de favoriser la circulation naturelle du sable.

La collectivité prépare désormais une nouvelle feuille de route pour la gestion du littoral à partir de 2027. L’objectif sera de tirer les enseignements des actions engagées et des études complémentaires pour définir les prochaines priorités.

Protéger partout ? Reculer parfois ? Le choix des territoires

Pour Ré comme pour Oléron, l’enjeu ne se limite pas à construire ou à renforcer des digues. La question est aussi de savoir jusqu’où il sera possible de défendre le littoral et quels secteurs devront, à terme, évoluer.

La protection des zones habitées, la préservation des espaces naturels, le maintien des activités économiques et la sécurité des habitants doivent être conciliés. Dans certains secteurs, les travaux de défense peuvent être pertinents ; dans d’autres, l’adaptation des aménagements ou la relocalisation de certains biens pourrait devoir être étudiée.

Ces choix sont complexes, car ils touchent directement au logement, à la valeur des biens immobiliers et à l’avenir des communes. Ils nécessitent des décisions anticipées, des règles compréhensibles et un accompagnement des personnes concernées.

La nouvelle stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte, adoptée en août 2026 pour la période allant jusqu’en 2030, entend justement fournir un cadre pour mieux anticiper ces évolutions et accompagner les territoires littoraux.

La résilience, une responsabilité collective

Au-delà des ouvrages et des financements, la Journée nationale de la résilience rappelle que la sécurité repose aussi sur la préparation de la population. Connaître les zones à risque, comprendre les consignes d’alerte, identifier les itinéraires d’évacuation et savoir comment réagir lors d’une submersion sont autant de réflexes essentiels.

Pour les îles de Ré et d’Oléron, la résilience implique donc plusieurs niveaux d’action : informer les habitants, anticiper les évolutions du littoral, entretenir les dispositifs de protection et donner aux collectivités les moyens de préparer l’avenir.

Quinze ans après Xynthia, le défi reste considérable. Car face à l’érosion et à la montée des risques côtiers, il ne s’agit plus seulement de réparer après les tempêtes, mais de décider aujourd’hui comment vivre demain avec la mer.

Sur les deux îles, la même question demeure : comment garantir la sécurité des habitants et préserver ces territoires sans laisser les communes et les propriétaires seuls face à un risque qui les dépasse ?

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