
Saint-Vivien : que révèlent les analyses d’Atmo sur les pesticides dans l’air ?

Les résultats de la campagne menée à l’automne 2025 par Atmo Nouvelle-Aquitaine ont été présentés lundi soir à Saint-Vivien. Parmi les 114 molécules recherchées dans l’air, 17 ont été détectées sur les trois sites étudiés dans l’agglomération de La Rochelle. À Saint-Vivien, les concentrations en herbicides se situent à un niveau intermédiaire entre Montroy et L’Houmeau.

C’était un rendez-vous particulièrement attendu à Saint-Vivien. Lundi 5 octobre, habitants, élus et représentants d’Atmo Nouvelle-Aquitaine se sont retrouvés pour découvrir les résultats d’une campagne consacrée à la présence de pesticides dans l’air.
Cette surveillance a été réalisée du 6 octobre au 15 décembre 2025, à Saint-Vivien et à L’Houmeau, en complément du suivi déjà effectué à Montroy. L’objectif était de mieux documenter la présence de produits phytosanitaires dans l’atmosphère de secteurs entourés notamment de grandes cultures.
17 molécules détectées
Au total, 114 substances ont été recherchées. Dix-sept ont été détectées pendant la campagne : 11 herbicides, quatre insecticides et deux fongicides. Les profils observés sont relativement proches entre les trois sites, avec une présence largement dominée par les herbicides.
Cette situation correspond au calendrier agricole. La campagne s’est déroulée à l’automne, période au cours de laquelle les traitements destinés aux céréales d’hiver sont particulièrement présents.
Parmi les substances retrouvées, le prosulfocarbe et la pendiméthaline figurent notamment parmi les molécules les plus importantes. Ces deux herbicides sont utilisés, entre autres, pour le désherbage des cultures céréalières.
Saint-Vivien derrière Montroy
Les niveaux mesurés ne sont pas identiques partout. Montroy présente les concentrations moyennes en herbicides les plus élevées, suivi par Saint-Vivien puis L’Houmeau.
La proportion de grandes cultures autour des points de prélèvement constitue l’un des éléments permettant d’expliquer ces différences : elle représente environ 82 % autour de Montroy, 48 % autour de Saint-Vivien et 25 % autour de L’Houmeau, dans un rayon de cinq kilomètres.
Un épisode particulièrement marqué a été enregistré entre le 10 et le 16 novembre 2025. Le cumul hebdomadaire moyen d’herbicides a alors atteint 100,2 ng/m³ à Montroy, 29 ng/m³ à Saint-Vivien et 20 ng/m³ à L’Houmeau.
Des substances interdites retrouvées à l’état de traces
Autre élément qui a retenu l’attention : plusieurs substances dont l’usage agricole est aujourd’hui interdit ont également été retrouvées.
À Saint-Vivien, les analyses ont notamment détecté la perméthrine et le chlorpyrifos-éthyl. Atmo précise que leur détection ne signifie pas qu’elles sont actuellement utilisées dans les exploitations agricoles. Cinq substances interdites ont été retrouvées à l’échelle des trois sites, mais quatre ne l’ont été qu’à l’état de traces, sous les niveaux permettant leur quantification. Le lindane, lui aussi interdit, a été quantifié mais à de très faibles concentrations, proches des limites de quantification.
Pas de seuil réglementaire dans l’air
Ces résultats doivent cependant être interprétés avec prudence. Il n’existe actuellement pas de valeur réglementaire spécifique fixant une limite pour les pesticides dans l’air ambiant. Atmo mesure donc leur présence et leur évolution, mais ces analyses ne constituent pas, à elles seules, une évaluation sanitaire.
La campagne intervient dans un contexte local sensible après la publication d’une étude exploratoire consacrée aux cancers pédiatriques en Charente-Maritime. L’Agglomération rappelle toutefois qu’aucun lien direct ne peut actuellement être établi entre les concentrations de pesticides mesurées et les sur-incidences de cancers observées. Les données doivent notamment être croisées avec d’autres informations environnementales et sanitaires dans le cadre du programme de recherche Exposcan.
Pour l’Agglomération de La Rochelle, ce suivi doit surtout permettre de mieux connaître l’exposition environnementale sur le territoire et d’accompagner l’évolution des pratiques agricoles, notamment en matière de réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires.
À Saint-Vivien, les résultats apportent donc de nouvelles données sur la présence des pesticides dans l’air, sans pour autant permettre, à ce stade, de tirer une conclusion sanitaire sur leurs effets.
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