NA RADIO
Retour aux infos
Economie15 sept. 2026Rédaction

Soins dentaires : les chirurgiens-dentistes de Charente-Maritime se mobilisent contre la baisse des remboursements

Soins dentaires : les chirurgiens-dentistes de Charente-Maritime se mobilisent contre la baisse des remboursements

La colère monte chez les chirurgiens-dentistes de Charente-Maritime. Les professionnels contestent la décision du gouvernement de modifier, à partir du 1er janvier 2027, la répartition du remboursement des soins dentaires. Ils redoutent une augmentation du reste à charge pour certains patients et dénoncent une mesure prise sans véritable concertation.

Le monde dentaire serre les rangs. En Charente-Maritime, les syndicats de chirurgiens-dentistes s’opposent au nouveau décret publié au Journal officiel le 22 août dernier. Le texte prévoit une modification des taux de participation pour les honoraires des chirurgiens-dentistes et certains actes de soins dentaires. La réforme entrera en vigueur le 1er janvier 2027.

Derrière cette décision administrative, les professionnels voient surtout le risque d’un nouveau transfert de dépenses vers les complémentaires santé et, pour certains patients, vers leur propre portefeuille.

Une réforme qui inquiète la profession

Le décret modifie les taux prévus par le Code de la sécurité sociale : les taux de participation des assurés concernés évoluent, avec un passage des taux de 35 % et 45 % à 50 % et 60 %.

Le gouvernement justifie cette évolution par la nécessité de préserver les finances de l’Assurance maladie et de lui permettre de concentrer ses moyens sur les soins considérés comme les plus essentiels, innovants ou coûteux. La réforme vise ainsi à renforcer la participation des organismes complémentaires.

Mais pour les chirurgiens-dentistes, le sujet dépasse largement une simple modification comptable.

Ils craignent notamment que certains patients, déjà fragilisés financièrement, renoncent ou repoussent des consultations et des soins en raison de la part restant à financer.

« Un problème de santé publique »

C’est l’un des principaux arguments avancés par les représentants de la profession en Charente-Maritime : la santé bucco-dentaire ne peut pas être considérée comme une dépense secondaire.

Une carie non traitée, une infection ou une pathologie dentaire peuvent évoluer et nécessiter, à terme, des interventions beaucoup plus lourdes. Le risque dénoncé par les professionnels est donc celui d’un cercle vicieux : reporter un soin aujourd’hui pourrait conduire à une intervention plus importante et plus coûteuse demain.

La situation inquiète particulièrement pour les personnes disposant de faibles revenus ou d’une couverture complémentaire limitée.

Les plus fragiles au cœur des préoccupations

Le débat prend une dimension sociale dans un département où l’accès aux soins constitue déjà un enjeu important dans certains territoires.

Pour les professionnels mobilisés, une baisse de la prise en charge peut accentuer les inégalités devant les soins dentaires. Les patients disposant d’une bonne complémentaire pourront davantage absorber le transfert de remboursement. À l’inverse, ceux qui disposent de peu de ressources pourraient être davantage tentés de différer une consultation.

Il faut toutefois préciser que la réforme ne concerne pas tous les patients de la même manière. Le décret maintient notamment la prise en charge à 100 % des soins liés aux affections de longue durée, ainsi que certains soins relevant du dispositif « 100 % Santé ». Les rendez-vous annuels « M’T dents tous les ans ! » pour les 3-24 ans restent également sans reste à charge, et le gouvernement indique qu’aucun reste à charge supplémentaire n’est prévu pour les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire.

Une bataille qui pourrait se poursuivre devant le Conseil d’État

En Charente-Maritime, la profession ne compte pas rester silencieuse. Les représentants des chirurgiens-dentistes contestent la méthode employée et souhaitent obtenir l’abrogation du décret.

Un recours devant le Conseil d’État est annoncé par le syndicat départemental. L’objectif est de contester juridiquement le texte mais aussi de provoquer un débat sur la place de la santé bucco-dentaire dans les politiques publiques.

Pour les professionnels, l’enjeu est donc double : défendre les conditions d’accès aux soins pour les patients et alerter sur les conséquences à long terme d’une prise en charge moins importante par l’Assurance maladie.

Une réforme qui ne prend effet qu’en 2027

La mobilisation intervient alors que la réforme n’est pas encore applicable. Le décret a été publié en août, mais ses nouvelles dispositions entreront officiellement en vigueur au 1er janvier 2027.

D’ici là, le bras de fer pourrait donc encore évoluer.

Pour les chirurgiens-dentistes de Charente-Maritime, le message est clair : la santé dentaire ne doit pas devenir une variable d’ajustement budgétaire. Pour le gouvernement, la mesure doit au contraire permettre de mieux répartir l’effort entre Assurance maladie et complémentaires.

Un débat qui risque de dépasser largement les cabinets dentaires, car derrière les taux de remboursement se joue une question très concrète : combien les Français seront-ils réellement prêts à payer pour continuer à se faire soigner les dents ?

Partager cet article

À lire aussi

Ronan O’Gara prolonge au Stade Rochelais jusqu’en 2031 : une histoire qui s’inscrit dans la durée
Sports14 sept. 2026

Ronan O’Gara prolonge au Stade Rochelais jusqu’en 2031 : une histoire qui s’inscrit dans la durée

Lire la suite
Aéroport de La Rochelle-Île de Ré : un été 2026 record porté par la clientèle internationale
Economie14 sept. 2026

Aéroport de La Rochelle-Île de Ré : un été 2026 record porté par la clientèle internationale

Lire la suite
Rivedoux-Plage : le chantier du Belvédère entre dans sa dernière phase
Economie10 sept. 2026

Rivedoux-Plage : le chantier du Belvédère entre dans sa dernière phase

Lire la suite