
À La Tremblade, le phare de La Coubre face à l’érosion : le début de la fin pour le géant de la Côte Sauvage

Menacé par le recul du littoral, le phare de La Coubre, haut de 64 mètres, est désormais au cœur d’un plan stratégique de fin de vie. La municipalité de La Tremblade a approuvé le principe de sa déconstruction, afin d’éviter un effondrement incontrôlé. Une page emblématique du patrimoine maritime charentais pourrait ainsi se tourner.

À La Tremblade, le temps est désormais compté pour le phare de La Coubre. Dressé face à l’Atlantique, à l’entrée de la Côte Sauvage, le monument de 64 mètres est directement menacé par l’érosion du littoral. Après des années de recul du trait de côte, la question de son avenir ne relève plus seulement de la prospective : la municipalité vient d’acter une nouvelle étape dans la gestion de sa fin de vie.
Réuni mercredi soir en conseil municipal, le conseil de La Tremblade-Ronce-les-Bains a approuvé le plan stratégique de fin de vie du phare, présenté par la Direction interrégionale de la mer Sud-Atlantique. Si aucune date n’est encore arrêtée, le principe d’une déconstruction du monument est désormais officiellement validé.
L’objectif affiché est avant tout sécuritaire : éviter que le phare ne connaisse un jour un effondrement brutal et incontrôlé, alors que l’érosion continue de fragiliser son environnement.
Un monument emblématique face à l’océan
Le phare de La Coubre constitue depuis des décennies l’un des symboles de la Côte Sauvage et du patrimoine maritime de la Charente-Maritime. Sa silhouette, reconnaissable entre toutes, domine le paysage littoral et accompagne les visiteurs qui empruntent cet espace naturel situé entre La Tremblade et la pointe de la Coubre.
Mais le changement climatique et le recul du trait de côte rebattent les cartes. La position du phare, autrefois suffisamment éloignée du rivage, est devenue de plus en plus vulnérable. La mer gagne du terrain et rapproche progressivement le monument de la zone directement exposée aux phénomènes d’érosion.
Pour les autorités, il s’agit donc désormais d’anticiper plutôt que de subir. La déconstruction doit permettre de maîtriser la disparition de l’édifice, plutôt que de prendre le risque de le voir tomber sous l’effet de l’érosion.
Une échéance encore inconnue
Le vote du conseil municipal ne signifie pas pour autant que les travaux vont commencer immédiatement. Aucun calendrier précis n’a encore été arrêté. Les prochaines étapes devront permettre de déterminer les modalités techniques et le calendrier de cette opération particulière.
Pour La Tremblade, le défi sera aussi de préparer l’après-phare. Car au-delà de la disparition programmée d’un bâtiment emblématique, c’est tout un paysage et une partie de la mémoire maritime locale qui vont être bouleversés.
Le phare de La Coubre pourrait ainsi devenir un nouveau symbole des conséquences du recul du littoral : un monument construit pour résister aux éléments, finalement rattrapé par l’avancée de l’océan.
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