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Fait divers5 nov. 2026•Rédaction

Pons : le suicide de Jade, 12 ans, après des accusations de viols, bouleverse la Charente-Maritime

Pons : le suicide de Jade, 12 ans, après des accusations de viols, bouleverse la Charente-Maritime

La mort de Jade, une collégienne de 12 ans scolarisée à Pons, suscite une vive émotion en Charente-Maritime. Retrouvée morte au domicile familial le samedi 31 octobre, l’adolescente avait dénoncé plusieurs rapports sexuels qu’elle disait avoir subis contre son gré de la part d’un lycéen de 16 ans. Le procureur de la République de Saintes vient d’apporter de nouvelles précisions sur les enquêtes en cours. Une information judiciaire pour viol a notamment été ouverte.

C’est un drame qui bouleverse la commune de Pons et soulève de nombreuses interrogations. Jade, âgée de seulement 12 ans et élève au collège Émile-Combes, a été retrouvée morte par son père au domicile familial dans la nuit du vendredi 30 au samedi 31 octobre.

Selon les premières constatations communiquées par le procureur de la République de Saintes, Benjamin Alla, l’examen médico-légal a conclu à un décès compatible avec un suicide. Le magistrat précise également que la jeune fille présentait des scarifications aux bras et aux jambes et qu’elle faisait l’objet d’un suivi psychologique. Elle manifestait, selon ses termes, « un mal-être certain ».

Derrière ce drame, une enquête pour viol était déjà en cours depuis plusieurs mois.

Trois rapports dénoncés par l’adolescente

Au début de l’année 2026, Jade avait dénoncé des faits de viol impliquant un adolescent de 16 ans, scolarisé dans un lycée de Pons.

Le parquet de Saintes indique que l’enquête avait été ouverte le 14 janvier 2026, à la suite d’un signalement transmis par l’Éducation nationale.

L’affaire avait débuté après que le jeune garçon eut confié à son éducatrice qu’une rumeur circulait dans son établissement le présentant comme un violeur, à la suite de relations sexuelles entretenues avec une collégienne.

Les services éducatifs du lycée et du collège avaient alors fait le rapprochement. Entendue par l’infirmière scolaire de son établissement, Jade avait évoqué des relations sexuelles qu’elle disait ne pas avoir consenties.

Sa mère avait ensuite été reçue par la direction du collège et informée de la situation ainsi que du mal-être constaté chez sa fille. Une plainte avait par la suite été déposée.

Deux versions opposées devant les enquêteurs

Les investigations ont permis d’établir que les deux adolescents s’étaient donné rendez-vous à trois reprises entre octobre et décembre 2025. C’est lors de ces rencontres que les rapports sexuels auraient eu lieu.

Sur les circonstances de ces relations, les versions divergent profondément.

Jade expliquait aux enquêteurs que ces rapports lui avaient été imposés. Le mineur mis en cause, entendu à deux reprises, évoquait au contraire des relations consenties.

Les investigations ont également comporté plusieurs auditions, une enquête sur l’environnement de la jeune fille ainsi que des examens médicaux, psychologiques et psychiatriques.

L’examen psychologique avait notamment mis en évidence une fragilité importante et un mal-être plus général, qui ne se limitait pas aux faits dénoncés. À l’issue de cet entretien, la psychologue avait orienté l’adolescente vers un service de pédopsychiatrie.

Une information judiciaire ouverte pour viol

Face à la gravité des faits et aux éléments recueillis, le parquet de Saintes a annoncé, mercredi 4 novembre, l’ouverture d’une information judiciaire pour viol.

Cette nouvelle étape doit permettre d’approfondir les investigations et de déterminer les circonstances exactes des faits dénoncés par Jade.

Le procureur a également précisé que les investigations se poursuivaient dans le cadre d’une procédure distincte, destinée à rechercher les causes de la mort de l’adolescente. L’objectif est notamment de comprendre les circonstances et les facteurs ayant conduit à son passage à l’acte.

Le mineur mis en cause victime de violences après le drame

L’affaire a également connu un nouvel épisode particulièrement préoccupant au lendemain du décès de Jade.

Le jeune garçon de 16 ans mis en cause dans l’enquête pour viol a été victime de violences, que le parquet présente comme des représailles présumées de la part de l’entourage de la famille de l’adolescente.

Les faits lui ont occasionné dix jours d’incapacité totale de travail. Parmi les blessures constatées figure notamment un arrachement osseux au niveau du bras.

Une enquête distincte a été ouverte afin d’identifier les auteurs de ces violences.

Le procureur de la République a par ailleurs indiqué que l’association d’aide aux victimes avait été sollicitée pour accompagner la famille de Jade.

Une affaire qui soulève de nombreuses questions

Au-delà de l’émotion provoquée par la disparition de cette enfant de 12 ans, cette affaire interroge sur l’accompagnement des mineurs victimes de violences sexuelles, le traitement des signalements et la prise en charge de leur souffrance psychologique.

L’enquête devra notamment éclaircir le déroulement de la procédure engagée en janvier, les faits dénoncés par Jade et les circonstances de son décès.

À Pons, la disparition de la jeune collégienne laisse une famille endeuillée et une communauté éducative profondément touchée.

Une marche blanche en mémoire de Jade est annoncée par sa famille pour le mercredi 11 novembre. Un rassemblement destiné à lui rendre hommage et à rappeler l’importance de la protection des enfants face aux violences et aux situations de détresse.

La présomption d’innocence demeure applicable au mineur mis en cause, les faits dénoncés faisant désormais l’objet d’une information judiciaire.

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