
Vie chère : 4 150 manifestants mobilisés en Charente-Maritime, des tensions à La Rochelle

La mobilisation contre la vie chère s’est poursuivie ce samedi 31 octobre en Charente-Maritime, pour un troisième week-end consécutif. Environ 4 150 personnes ont manifesté dans le département, dont près de 3 500 à La Rochelle. Si le cortège s’est globalement déroulé dans le calme, des tensions ont éclaté autour de la zone commerciale de Beaulieu et en fin de journée aux abords de la préfecture.

La contestation ne faiblit pas, même si la participation semble en recul par rapport aux précédents rassemblements. Ce samedi 31 octobre, plusieurs milliers de personnes ont de nouveau défilé pour dénoncer la hausse du coût de la vie et défendre leur pouvoir d’achat. À La Rochelle, le rassemblement organisé à partir de 14 heures devant la gare a rapidement pris de l’ampleur. Près d’un millier de personnes étaient déjà présentes sur le parvis en début d’après-midi, avant que le cortège ne traverse plusieurs secteurs de la ville.
Selon le bilan communiqué pour le département, environ 4 150 manifestants ont participé à cette nouvelle journée de mobilisation. La Rochelle a concentré l’essentiel de la participation, avec près de 3 500 personnes. Les rassemblements ont également réuni environ 350 personnes à Rochefort, 220 à Saintes, 50 à Montendre, 3 à Jonzac et une personne à Royan.
Cette journée constituait le troisième acte du mouvement contre la vie chère, après les mobilisations des 17 et 24 octobre. Les revendications portent notamment sur le pouvoir d’achat, le coût des carburants, les salaires et les retraites, mais aussi sur les moyens accordés aux services publics et les libertés publiques.
Un parcours marqué par plusieurs changements de direction
À La Rochelle, le cortège a quitté le secteur de la gare avant de progresser vers le centre-ville. Les manifestants ont notamment emprunté plusieurs rues du cœur de ville, malgré les restrictions décidées par la préfecture. À l’occasion d’Halloween, certains participants étaient déguisés, dans le cadre d’un rassemblement présenté par ses organisateurs comme un « Carnaval des ténèbres ».
La situation s’est ensuite tendue à l’approche de la zone commerciale de Beaulieu, à Puilboreau. Les forces de l’ordre avaient été déployées pour empêcher l’accès à ce secteur, où les rassemblements revendicatifs étaient interdits par arrêté préfectoral. Des grenades lacrymogènes ont été utilisées et le cortège s’est scindé en plusieurs groupes. Une partie des manifestants a poursuivi sa progression en direction de la rocade, tandis que d’autres ont rebroussé chemin.
Selon les informations rapportées sur place, des individus présentés par des manifestants comme appartenant à l’ultradroite ont également lancé des œufs en direction du cortège alors que celui-ci circulait sur la rocade en direction de Lagord.
Des tensions en fin de journée devant la préfecture
En fin d’après-midi, le rassemblement s’est poursuivi dans le secteur de la place de Verdun et des abords de la préfecture, où un important dispositif policier avait été installé. Des projectiles ont été lancés en direction des forces de l’ordre. Les policiers ont de nouveau fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les groupes présents.
Au total, près de 300 membres des forces de sécurité ont été mobilisés dans le département. Deux personnes ont été interpellées à La Rochelle. Aucun blessé n’a été signalé dans le bilan communiqué.
La préfecture avait renforcé son dispositif de sécurité pour cette troisième journée de mobilisation. Le préfet de la Charente-Maritime, Michel Prosic, avait notamment pris un arrêté interdisant les manifestations et les rassemblements revendicatifs dans une partie du centre-ville de La Rochelle ainsi que dans la zone commerciale de Beaulieu. Des restrictions avaient également été mises en place dans d’autres communes.
Le Centre opérationnel départemental a été activé pour coordonner les services de l’État et suivre l’évolution de la situation. Il a été levé à 18 h 35.
Une mobilisation moins importante que les semaines précédentes
Cette nouvelle journée confirme la persistance de la colère autour du pouvoir d’achat, même si la participation rochelaise est en baisse par rapport aux deux précédents samedis. Environ 7 000 personnes avaient manifesté le 17 octobre à La Rochelle, puis près de 6 000 le 24 octobre, selon les chiffres rapportés localement.
Malgré cette baisse, la mobilisation reste importante dans l’agglomération rochelaise. Les prochains jours permettront de savoir si le mouvement se poursuit et si de nouveaux appels à rassemblement sont lancés dans le département.
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