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Transports13 avr. 2026Rédaction

Île de Ré : la fin d’une époque au péage du pont, désormais entièrement automatisé.

Île de Ré : la fin d’une époque au péage du pont, désormais entièrement automatisé.

Pour la première fois depuis plus de trois décennies, les cabines de péage du pont de l’île de Ré ne verront plus passer de mains tendues. Depuis ce lundi, les derniers guichets manuels ont disparu au profit d’un dispositif entièrement automatisé, marquant un tournant historique pour cet axe stratégique reliant La Rochelle à Rivedoux-Plage.

Un basculement total vers l’automatisation

Après 33 ans de fonctionnement en partie manuel, le péage du pont entre dans une nouvelle ère. Neuf bornes automatiques remplacent désormais les anciennes cabines sur les 2 926 mètres de cet ouvrage, unique accès routier aux dix communes de l’île.

Le chantier, engagé à l’automne 2025, s’est déroulé en plusieurs phases. Trois voies modernisées avaient été mises en service dès janvier 2026. Les six restantes doivent suivre d’ici l’été, juste avant l’afflux massif de visiteurs.

Si la modernisation est complète, certaines adaptations ont été conservées pour les usagers : trois bornes acceptent encore les paiements en espèces, et un interphone permet de joindre un agent en cas de difficulté.

Un choix économique assumé

Avec plus de trois millions de véhicules chaque année — et des pics à 14 000 passages quotidiens en période estivale — le pont représente une source de revenus majeure pour le département.

Le péage génère environ 13,5 millions d’euros par an. Une moitié est consacrée à l’entretien de l’infrastructure, tandis que l’autre finance des actions environnementales, notamment la protection du littoral et les navettes gratuites RespiRé.

Le coût de l’automatisation, estimé à 3,6 millions d’euros, apparaît relativement modeste au regard de ces recettes : il pourrait être amorti en quelques mois seulement.

Face à cette option, un projet d’élargissement du pont à trois voies — évalué à 45 millions d’euros — a été écarté, jugé trop lourd financièrement et techniquement.

À plus long terme, une expérimentation de lecture automatique des plaques d’immatriculation est prévue, permettant aux abonnés de franchir le péage sans interaction.

Des emplois saisonniers fragilisés

Derrière cette modernisation, une réalité sociale plus délicate se dessine. Chaque année, le péage mobilisait une trentaine de vacataires, auxquels s’ajoutaient des agents permanents et des renforts estivaux.

Avec la disparition des cabines, ces postes saisonniers disparaissent de fait.

À ce jour, seules quelques situations ont été précisées :

  • cinq agents ont été redéployés vers la gestion des abonnements et la surveillance,
  • deux autres suivent une formation pour intégrer le centre de contrôle.

Sept reclassements documentés sur une trentaine de postes. Pour les autres, l’avenir reste incertain.

Les élus évoquent des dispositifs de formation et de reconversion, sans fournir de chiffres précis sur les agents effectivement reclassés dans la fonction publique territoriale.

Un été test grandeur nature

L’été 2026 marquera le premier test réel de ce nouveau dispositif. Les neuf bornes devront absorber un trafic dense, sans présence humaine en cabine.

Dans l’ombre, quelques anciens receveurs ont déjà changé de métier pour superviser le système à distance. Pour les autres, c’est une page qui se tourne.

Sur ce pont devenu entièrement automatisé, les flux de véhicules continueront de circuler sans interruption. Mais pour une partie des travailleurs qui l’animaient chaque saison, le passage vers l’avenir reste encore sans réponse claire.

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